L’Argentine et la futilité du Néolibéralisme
Le Président argentin Javier Milei (droite), et le milliardaire Américain Elon Musk posent avec la tronçonneuse de Milei. La tronçonneuse représente le plan économique de Milei: couper les agences de gouvernements et les réglementations économiques. Photo credits: “Milei y Elon Musk con una motosierra” by Argentina Gobierno, published on February 20, 2025, licensed under Creative Commons 4.0. No changes were made.

L’Argentine et la futilité du Néolibéralisme

L’Argentine est entrée dans une nouvelle crise économique; cette fois-ci, elle est causée par le néolibéralisme. Si l’Argentine (ou d’autres pays d’Amérique du Sud) souhaite éviter des catastrophes économiques semblables, l’État devrait éviter la politique néolibérale.

Récemment, The Telegraph, un journal britannique, a déclaré que l’Argentine a accompli un miracle économique. L’inflation a diminué de 25 % (décembre 2023) par mois jusqu’à atteindre 1,5 % (mai 2025). Selon cette publication, il s’agit d’un résultat de la présidence du président Javier Milei, élu en 2023. The Telegraph a raison de déclarer que la situation économique a été engendrée par les actions de Milei. Néanmoins, l’Argentine n’est pas la destinatrice d’une crise économique dirigée par Milei, mais plutôt une crise monstrueuse. Avec la politique ultra-libérale de Milei, l’Argentine se dirige vers une crise économique qui ne cessera pas avant des décennies. 

À l’aube de son élection, Milei a promis de combattre l’inflation et de détruire l’État réglementaire argentin. Il a tenu cette promesse lorsqu’il a viré presque 40 000 fonctionnaires, a fixé le peso au dollar américain, a coupé le budget de nombreuses agences gouvernementales et a complètement arrêté de construire de nouvelles infrastructures. De plus, il a diminué le nombre de ministères de 18 à 8 et a aboli plus de 200 départements (formation plus petite qu’un ministère). Son ministre des Finances, Federico Sturzenegger, a déclaré qu’il souhaite enlever 70% des lois du pays. Il en a déjà retiré 20%.

Bien qu’à l’aide de ces mesures Milei ait réussi à battre l’inflation, sa thérapie-choc libérale a causé une baisse de l’économie argentine en 2024. Presque 50% de la population se situe sous le seuil de pauvreté durant l’été 2024.

Qui a prévu la chute de l’État?

La croyance fondamentale de ces sortes de politiques est l’idée que le marché libre résoudrait tous les problèmes auxquels les États sont confrontés; cette logique aura notamment engendré la Grande Dépression. Quand la crise de 1929 prit fin, personne ne savait comment éliminer les immenses taux de chômage alors que l’économie ne rebondissait pas. 

Après environ 30 à 40 années de politiques différentes, nous sommes retournés à une approche laissez-faire au début des années 1980 avec Ronald Reagan, Margaret Thatcher ainsi que Brian Mulroney. 

Cette politique, nommée le “néolibéralisme”, a frappé le monde entier. Les partisans initiaux du néolibéralisme la décrivaient comme une nouvelle approche de l’économie, alors que c’était une politique recyclée des années 1920. Celle-ci a entraîné une multitude d’enjeux: chômage, inégalité et un ralentisseur de la croissance démographique. Milei a adopté cette approche dans sa politique: il se présente comme étranger à la casta (la classe politique argentine) qui va transformer le pays comme nous ne l’aurions jamais vu. Le problème, c’est que le néolibéralisme était déjà expérimenté.

Le Mexique : une alternative?

L’Amérique du Sud a la réputation d’être toujours en crise économique. Ceci n’est pas toujours correct, car l’Argentine était un des pays les plus riches au monde il y a une centaine d’années. Les crises économiques sont donc plus communes en Amérique du Sud, mais elles ne sont pas habituelles. Cependant, certains sympathisants de Milei utilisent cette logique pour combattre sa culpabilité dans la crise actuelle de l’Argentine. En utilisant cette affirmation, nous pouvons oublier qu’il existe d’autres pays – des pays similaires à l’Argentine. Il y a seulement un Milei, mais il y a plusieurs autres pays en développement. Certains de ces autres pays ne sont pas en crise économique.

Prenons le Mexique, un pays avec une histoire assez similaire. Le Mexique est sujet à la colonisation espagnole et aussi un pays qui a eu de l’immigration significative. Ce sont aussi deux pays avec des économies d’environ la même taille.

Le Mexique est dirigé par le parti Morena, un parti de gauche, et sa présidente, Claudia Sheinbaum. Actuellement, la cote de popularité de Sheinbaum est de plus de 70%. Depuis 2018, Morena a coupé le taux de gens en pauvreté de 13 millions, et a diminué la portion de la richesse contrôlée par le 1% du pays de 7 %. La politique néolibérale a toujours augmenté l’inégalité. Morena, un parti de gauche qui n’est pas néolibéral, l’a diminuée. Ceci est le résultat d’une politique effective, dirigée par une présidente qui ne croit pas au néolibéralisme.

Le Mexique a augmenté le salaire minimum et a développé plusieurs programmes sociaux, notamment la croissance du programme de pension de retraite. Le Mexique n’a pas essayé de congédier des milliers de fonctionnaires, ni d’enlever des réglementations protégeant l’environnement de travail ainsi que les ouvriers.

L’important est que le Mexique se rend compte que ses idées politiques des années 1980-2010 (le néolibéralisme) n’ont pas fait preuve d’efficacité en termes de développement économique. Le peuple mexicain a voté pour quelqu’un qui essaierait quelque chose de différent – et il a gagné son pari. Milei pourrait prendre quelques leçons du livre de Sheinbaum. 

Pourquoi le soutien?

Le gouvernement de Milei possède encore du soutien. Cependant, Milei n’est pas différent des autres politiciens de la casta. Il est là pour augmenter les fortunes de ses pôtes riches. Il ignore le fait qu’il y a un problème d’inégalité et que le marché libre va échouer à y résoudre.

L’inégalité des revenus est un problème mondial – et elle ne cessera pas si les gouvernements ne le prennent pas sérieusement. L’austérité, la thérapie-choc, le libéralisme, ce n’est pas la réponse. 

Je déclare aux législateurs et législatrices: en 1980, la politique néolibérale était légitime. Désormais, elle est inefficace. L’Argentine représente un excellent exemple.

Édité par Marie-Amy Diallo.

This is an article written by a Staff Writer. Catalyst is a student-led platform that fosters engagement with global issues from a learning perspective. The opinions expressed above do not necessarily reflect the views of the publication.

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