Le BNP gagne les élections au Bangladesh: espoir démocratique après le gouvernement Hasina
Photo credits: “Prime Minister Tarique Rahman” by Government of Bangladesh, published on February 17, 2026, licensed under Creative Commons. No changes were made.

Le BNP gagne les élections au Bangladesh: espoir démocratique après le gouvernement Hasina

Des élections historiques ont eu lieu au Bangladesh le 12 février, les premières depuis les manifestations étudiantes qui ont renversé le gouvernement autocratique de Sheikh Hasina en 2024. Le Parti nationaliste du Bangladesh (BNP), dirigé par Tarique Rahman, a remporté une large victoire. 

Les résultats de la commission électorale ont confirmé que le BNP a gagné 212 sièges au parlement, retournant au pouvoir après 20 ans. Jamaat-e-islami, le parti islamique de l’opposition, a pour sa part gagné 77 sièges. Le scrutin est considéré comme le premier vote libre et équitable depuis deux décennies, avec un taux de participation de 59,44 % des 127 millions d’électeurs inscrits. 

La victoire du BNP indique un renouvellement potentiel de la démocratie et des mesures anti-corruption après le règne de Sheikh Hasina qui avait duré plus de quinze années. Surnommée la dame de fer, elle est montée au pouvoir à la tête de son parti, la Ligue Awami, pour la première fois en 1996. Elle a gagné une seconde fois en 2009, commençant son deuxième terme. Les élections suivantes en 2014, 2018, et 2024 furent boycottées par l’opposition et suspectées de fraude. Bien que son temps en tant que première ministre ait été marqué par une rapide montée économique, Hasani a aussi été accusé d’autoritarisme et de répression violente contre la dissidence. 

En effet, le gouvernement de Hasani a longtemps été dénoncé pour des mesures répressives envers ses adversaires politiques, les manifestants, ou les médias. Par exemple, depuis que Hasina a pris le pouvoir en 2009, des groupes humanitaires estiment au moins 700 cas de disparitions forcées, avec des centaines qui sont sujets à des exécutions extrajudiciaires. L’unité anti-criminalité, le Rapid Action Battalion, a aussi été accusée d’abus de droits humains et a été sanctionnée par les États-Unis en 2021. 

En juillet 2024, des manifestations étudiantes ont éclaté contre un système de quotas en matière d’emploi controversé et se sont rapidement transformées en un mécontentement général envers la corruption et la brutalité du gouvernement de Hasani. De la violence s’ensuit et la répression gouvernementale a causé jusqu’à 1 400 morts, selon l’ONU.  Le 5 août 2025, Hasina  démissionne et fuit le pays. Un gouvernement provisoire a été mis en place, mené par Muhammad Yunus, lauréat du prix Nobel, avec pour but de préparer des élections équitables.

La victoire de BNP marque donc une nouvelle ère politique après la révolution étudiante. Le nouveau premier ministre, Tarique Rahman, âgé de 60 ans, est issu d’une dynastie politique. Il est le fils de l’ancienne première ministre Khaleda Zia et de l’ancien président Ziaur Rahman, qui a été assassiné en 1981. Le dernier terme du BNP, entre 2001 et 2006, avait été terni par la corruption, et Tarique Rahman, une figure influente du parti, avait été mis en prison, avant un exil à Londres. Retournant au pays après 17 ans, il ne nie pas les erreurs passées de son parti, mais insiste sur son innocence. Étant le nouveau dirigeant du pays, il affirme avoir pour priorité de redresser l’économie et de bannir la corruption. 

Quant à l’opposition, Shafiqur Rahman, le chef du Jamaat, avait espéré devenir le premier dirigeant islamiste du pays. Le parti avait d’ailleurs émis une déclaration émettant des soupçons sur l’intégrité de l’élection, mais a finalement concédé, promettant d’être une “opposition paisible”. Néanmoins, les 68 sièges gagnés par le Jamaat représentent un résultat historique pour un parti qui n’avait jamais obtenu plus de 12% des votes auparavant. C’est aussi la première fois qu’un parti islamiste représente l’opposition au Bangladesh. 

Bien qu’il y ait encore des doutes quant à la compétence du BNP et aux promesses de Tarique Rahman, l’arrivée d’une élection équitable après des années de corruption représente un nouveau souffle d’espoir pour les citoyens du Bangladesh.

Édité par Noah Bornstein.

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