Les Sociaux-Démocrates perdent les élections municipaux à Copenhagen. Est-ce que ça présage leur chute?
Photo credits: "President Joe Biden meets with Prime Minister of Denmark Mette Frederiksen," by The White House, published on June 5, 2023, licensed by the WikiMedia Commons. No changes were made.

Les Sociaux-Démocrates perdent les élections municipaux à Copenhagen. Est-ce que ça présage leur chute?

Le mercredi 19 novembre, Sisse Marie Welling, candidate du Parti populaire socialiste, devient la maire de Copenhague. Les sociaux-démocrates, un parti de centre gauche au gouvernement au niveau fédéral, finissent en troisième position, avec 12,7% du vote. Ceci note la première fois depuis 1938 que les sociaux-démocrates ne contrôlent pas l’administration de Copenhague. La Liste d’Unité et le Parti Populaire Socialiste, deux partis de gauche, reçurent 40% des voix.

 

Pourquoi est-ce que les sociaux-démocrates ont perdu?

Le problème le plus cité : le coût de la vie et la crise du logement. Copenhague est devenu très cher récemment, et plusieurs électeurs croient que les sociaux-démocrates sont responsables de cette hausse.

Copenhague est une ville avec une croissance rapide. Depuis 1995, la population de Copenhague a augmenté de 50%, comparée au Danemark comme pays, qui a grandi de seulement 15%. L’offre de logement n’avait pas le même taux de croissance. C’est une situation qui n’est pas unique à Copenhague. En effet, plusieurs grandes villes de l’occident ont une crise de logement similaire à celle de Copenhague : il n’y a pas assez de logements pour tous les habitants de la ville.

Copenhague est responsable de 40% de la production économique danoise. Puisque le Danemark est un pays très riche, Copenhague profite proportionnellement de cette fortune. Il est normal que les villes plus prospères aient un coût de la vie plus élevé. Cependant, pour un résident de ces villes, cela peut poser un défi.

Deuxièmement, les sociaux-démocrates n’ont pas le pouvoir d’organisation — les organisations communautaires (églises, syndicats) liées au parti qui organisent les gens à voter. La base traditionnelle du parti, la classe ouvrière, s’est rétrécie au cours des années. C’est un phénomène commun aux grandes villes modernes : des places oùnt remplacés par les ouvriers so des professionnels qui travaillent dans de grands bureaux. De plus, les sociaux-démocrates ont décentralisé une partie du pouvoir vers les régions, ce qui pourrait s’expliquer par leur désir de séduire l’électorat rural. L’opinion populaire de plusieurs habitants de Copenhague: les sociaux-démocrates sont un parti pour les régions.  Le candidat de ces élections, Pernille Rosenkrantz-Theil, est l’ancien ministre de l’Éducation dans le gouvernement Frederiksen, pas une figure locale. 

 

L’immigration

Les sociaux-démocrates sont au pouvoir depuis 2019 au Danemark, à égalité avec le PSOE (socialistes espagnols) pour la durée la plus longue d’un gouvernement de centre gauche en Europe. Plusieurs commentateurs attribuent leur succès aux politiques d’immigration présentées par le Premier ministre Mette Frederiksen. 

Les partis de centre gauche ont perdu plusieurs élections aux partis de droite ou d’extrême droite récemment. Les sondages indiquent qu’une des raisons de cet échec sont les politiques en faveur de l’immigration des partis de centre gauche. La droite ne monte pas au Danemark : le parti de l’extrême droite danoise, représenté principalement par le Parti du peuple danois (DF), n’est qu’à 10% des électeurs dans les scrutins

Les sociaux-démocrates ont une politique sévère concernant l’immigration. Leur politique migratoire se rapproche de la politique migratoire du gouvernement italien d’extrême droite. Le parti Labour au Royaume-Uni, un autre parti de centre gauche, attribue le succès des sociaux-démocrates à sa politique migratoire. Ils ont commencé un programme politique migratoire basé sur les idées des sociaux-démocrates. Le parti Labour est actuellement au gouvernement, mais il a seulement 18% des voix dans les scrutins. La politique des sociaux-démocrates semble trouver du succès seulement au Danemark. 

La politique migratoire des sociaux-démocrates est certainement utile avec les campagnards, qui sont généralement plus conservateurs. À Copenhague, certains croient que l’effet est inverse. Effectivement, dans une grande ville diverse, les électeurs de Copenhague n’ont pas les mêmes opinions sur les migrants. Cela présente un dilemme pour les sociaux-démocrates: s’aligner avec sa base de soutien, ou essayer d’attirer plus d’électeurs de centre ou de droite? 

 

La défaite du centre gauche?

Alors que la défaite à Copenhague représente une crise pour les sociaux-démocrates dans les centres urbains, ce n’est pas la défaite de Frederiksen ni le parti sur un niveau national. Les sociaux-démocrates sont en tête des sondages, avec 8% de plus que la deuxième position, la gauche verte. 

Les sociaux-démocrates sont encore populaires dans les régions, et la défaite de Copenhague ne changera pas leur stratégie électorale. Ils demeurent le parti de centre gauche le plus populaire en Europe, et il n’y a pas de preuve que cette réalité change bientôt.

Le Danemark aura des élections fédérales en 2026.

Édité par Amélie Garneau.

Disclaimer: This is an article written by a Staff Writer. Catalyst is a student-led platform that fosters engagement with global issues from a learning perspective. The opinions expressed above do not necessarily reflect the views of the publication. 

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